Judith Butler reçoit le titre de Docteur Honoris Causa de l'Université de Liège

November 19, 2015

Pour son année académique 2015-2016, l’Université de Liège a remis le titre de Docteur Honoris Causa à trois personnalités qui bousculent les frontières de nos connaissances et offrent des perspectives de pensées nouvelles et stimulantes.

 

Après Nancy Fraser et Caryl Phillips, c’est au tour de Judith Butler de recevoir ce titre honorifique pour l’ensemble de sa carrière et de son combat.

 

Judith Butler est une philosophe américaine, professeure à l’Université de Berkeley, et est connue pour ses apports majeurs dans le champ des études féministes, queer et du genre[1].

                          

La conférence qui s’est tenue lundi ne pouvait commencer sans un mot du Recteur, le Professeur Albert Corhay, sur les attentats récemment perpétrés de par le monde et sur l’importance de continuer à se battre pour une société juste où diversité et égalité seraient les maîtres mots.

 

Après un instant de recueillement, Judith Butler nous invite à nous questionner sur la notion de genre. Celle-ci apparaît dans les années 50-60 et est utilisée pour souligner un problème de non-conformité. L’idée de départ étant de pouvoir mesurer le degré de déviation par rapport au genre assigné. Le terme est ensuite repris par les sociologues, anthropologues et féministes qui s’attachent à démontrer qu’il n’existe pas de comportement genré inhérent au sexe mais que le genre est une norme sociologiquement construite et que, par conséquent, il est possible de la modifier pour rompre avec les inégalités basées sur le sexe. D’une norme sociologique binaire, nous nous trouvons désormais devant le champ des possibles.

 

A maintes reprises, Judith Butler insiste sur le rôle des universités dans l’apprentissage et la valorisation de la pensée critique. Arc-en-Ciel Wallonie pense que ce ne doit pas être l’apanage des universités mais bien de toutes les écoles, des classes de maternelles aux cycles supérieurs, ainsi que de tous les acteurs de la société civile. La pensée critique ne doit pas être réservée à l’élite intellectuelle mais doit, au contraire, être véhiculée dans toutes les strates de la société. Inculquer l’esprit critique permet à tout un chacun de remettre en question les normes qui aboutissent à des inégalités.

 

 

[1] Quelques ouvrages de référence : Gender Trouble: Feminism and the Subversion of Identity, 1990, Routledge - Bodies That Matter: On the Discursive Limits of 'Sex', Routledge, 1993 - Undoing Gender, Routledge, 2004 - …

 

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