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La mise en danger des travailleurs du sexe

L'Europe est parcourue d'une controverse aux relents moraux particulièrement hypocrites. L'abolition de la prostitution semble la nouvelle croisade des coincés du cul. Les gais, lesbiennes et les trans représenteraient un tiers des travailleurs du sexe. Une raison suffisante pour que les associations LGBT s'intéressent à ce débat et prennent position face à la déferlante des discours en faveur de la criminalisation.

On nous l'a dit en boucle durant toute notre éducation, le sexe, c'est mal. Il n'y a que quelques types de situations où le sexe est accepté. Au sein du couple essentiellement. Entre deux personnes, pas plus, fidèles l'une à l'autre.

Admettons-le, d'autres pratiques sexuelles sont aujourd'hui tolérées. Entre personnes de même sexe notamment. On regarde aussi le sexe un peu différemment qu'il y a quelques décennies. Le sexe n'est plus une activité cantonnée à la reproduction. Les dimensions de loisir et de plaisir ont gagné en importance et c'est tant mieux. Mais de là à accepter que quelqu'un puisse en faire son métier, il y a un pas que la société ne veut pas franchir.


Dans nos pays d'Europe occidentale, la prostitution est le plus souvent interdite. Les travailleurs du sexe vivent alors dans un régime de tolérance implicite plus ou moins libéral. Le racolage sur la voie publique est banni, la France a fermé les maisons closes il y a bien longtemps. Pour empêcher le phénomène de trop se répandre, la police se fait tracassière, multiplie les contrôles et les arrestations. Les villes réagissent en ordre dispersé. L'annonce de l'ouverture d'un Eros Center à Seraing a déjà fait couler beaucoup d'encre et ce n'est pas près de s'arrêter.


Plus au nord, dans les pays scandinaves, c'est le client qui est pénalisé. Les travailleurs et travailleuses du sexe sont perçus comme des victimes de l'exploitation sexuelle. Le client, parce qu'il entretient la prostitution en soutenant la demande, est assimilé aux exploitants, macros et trafiquants d'êtres humains.


Le Parlement européen en a beaucoup débattu. Il a adopté en février 2014 une résolution sur l’exploitation sexuelle et la prostitution. L'objectif manifeste des auteurs était de promouvoir le modèle suédois. La pénalisation du client. La résolution assimile d'emblée prostitution volontaire et prostitution forcée, autrement dit la traite des être humains : "la prostitution et la prostitution forcée sont des formes d'esclavage incompatibles avec la dignité de la personne humaine et ses d