Représentation de l’homosexualité sur les écrans de la Fédération Wallonie-Bruxelles

May 16, 2013

Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel a commandité une étude sur les représentations de l’homosexualité au sein des médias. Ayant interpellé le CSA sur cette thématique il y a déjà 3 ans, nous avons dès lors pu accompagner le projet et suivre sa progression.

 

 

A la veille de cette journée internationale de lutte contre l’homophobie, nous avons le plaisir de vous dévoiler cette étude en primeur.

 

Le but de celle-ci était d’analyser les interactions et les rôles sociaux homosexuels représentés dans les émissions plébiscitées par les jeunes (entendez les émissions radios de libre antenne et les programmes télés diffusés en soirée et le week end ainsi que les chaînes télé étiquetées « jeunes » type Plug RTL).

 

Pour ce faire, quatre étapes ont été nécessaires :

 

1) Identifier les représentations de l’homosexualité dans les médias : personnage fictif ou réel, homosexualité masculine ou féminine, présence de stéréotypes, rôle principal, rôle secondaire, …

2) Analyser les modèles de relations et d’interactions sociales qui y sont associées : discours de type « eux » versus « nous », mise en avant d’une « culture homosexuelle », attitude des autres vis-à-vis du personnage, profil du personnage, …

3) Analyser les effets de réception qui se créent entre ces modèles et l’audience spécifiée : des études précédentes ont déjà prouvé que le degré d’acceptation de l’homosexualité peut être lié à la manière dont elle perçue via les rôles et les représentations qu’on lui donne à l’écran. Cette analyse-ci examinera donc si le rôle du personnage est important ou fictif, positif ou négatif, perçu ou non comme réel, attirant ou non, …

4) Évaluer ces effets au regard du contexte médiatique et sociétal de réception : quel est le type de média utilisé, le genre de programme, les thèmes abordés, le public-cible potentiel, …

 

Premières constatations :

  • Selon le type de programme, la manière d’aborder le sujet de l’homosexualité est très variée.

  • Les émissions datant d’avant l’année 2000 traitent l’homosexualité d’une autre manière qu’après 2000 (il serait intéressant de savoir pourquoi).

  • Aucune référence à l’homosexualité n’a été observée dans les émissions sportives.

  • Très peu de films font référence à l’homosexualité, surtout ceux des années 80. Dans les rares cas où l’homosexualité était présente, elle était majoritairement représentée par un homme gay très stéréotypé et utilisée à des fins comiques.

  • Les films dont le personnage homosexuel a un rôle principal sont très rares.

  • L’homosexualité est par contre très présente dans les séries, surtout récentes. Il y a « le gay » de chaque série.

  • Dans les programmes d’information, l’homosexualité est montrée comme étant « normale » et les journalistes prennent position contre les manifestations anti-mariage en France.

  • Dans les émissions radio de libre antenne, l’homosexualité est encore vue comme une insulte : le stagiaire doit se « défendre » d’être homo, les auditeurs se défoulent contre l’homosexualité et les chroniqueurs en rigolent plutôt que d’y mettre le holà.

  • Dans les séries et les magazines d’information, les sujets récurrents sont le coming-out, la souffrance d’être différent ou les MST.

  • L’art, la mode et le travestissement font presque obligatoirement référence à l’homosexualité.

 

Si l’on en croit l’étude, le thème de l’homosexualité est donc davantage exploité aujourd’hui qu’il y a une trentaine d’années. Mais en parler n’est pas suffisant. C’est dans la manière dont le sujet est abordé qu’il reste encore des dérives aujourd’hui.

 

A la lecture de l’étude, vous resterez sans doute un peu sur votre faim. Et ensuite ? Qu’en est-il de l’impact de ces émissions sur le public ? Cette étude n’a pas permis de répondre à cette question, mais le CSA ne compte pas en rester là pour autant. Le baromètre diversité doit être évalué et avec lui la possibilité ou non de réaliser des études qualitatives un an sur deux. Si cela s’avère possible, une suite de cette étude serait envisageable. A suivre donc …

 

Pour lire l’étude dans son intégralité, cliquez ici. 

 

 

Verlaine Berger

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