GrIS Wallonie : les premières animations sont un succès

February 14, 2013


Du 4 au 15 février, le Centre d’Action Laïc de Liège (CAL), organisait une Quinzaine contre l’homophobie. Au programme, des expos, des conférences, des projections de films et… les premières animations du GrIS Wallonie ! Retour sur la première semaine de cette Quinzaine, qui a mis au banc d’épreuve le nouveau projet d’Arc-en-Ciel Wallonie.

 

 

Ca y est, le projet d’animations scolaires d’Arc-en-Ciel Wallonie est bel et bien lancé. C’est durant la première semaine de la Quinzaine contre l’homophobie du CAL de la Province de Liège que les intervenants-bénévoles du GrIS Wallonie ont pu tester leurs talents d’animateur.

 

Pendant cette dernière semaine de cours avant les congés de Carnaval, le GrIS Wallonie a mené neuf animations. Pour les intervenants-bénévoles, fraîchement formés à la méthode du témoignage, ces premières animations leur ont permis de se roder et de confronter la théorie de la formation à la réalité du terrain. En effet, la méthode du GrIS Wallonie étant basée sur le témoignage, ce n’est pas toujours évident de répondre aux questions des jeunes de manière claire, concise et tout en suscitant l’empathie… Pourtant, les intervenants-bénévoles ont réussi leur pari en dévoilant leur histoire devant près de 200 adolescents au total.

 

Du côté des étudiants, âgés entre 12 et 18 ans, le retour est des plus positif. Bien qu’ils n’aient pas l’habitude d’aborder l’homo- et bisexualité (voire la sexualité tout court) dans le cadre de leurs cours, les jeunes ont posé leurs questions aux intervenants du GrIS Wallonie, après quelques minutes d’échauffement…

 

Mais d’ailleurs, ces questions, quelles sont-elles ?

 

Du coming-out au mariage, tous les sujets y sont passés. Petit aperçu :

 

Dans la catégorie du coming-out, la réaction de la famille et de l’entourage est une question qui revient très souvent : Avez-vous été rejeté ? Comment vos parents/frères/sœurs/amis ont-ils réagi ? Avez-vous eu peur de vous révéler ? Pourquoi avoir attendu ?...

 

D’une manière générale, la question de la discrimination et de la violence étaient également parmi celles les plus posées par les étudiants : C’est encore difficile de vivre sa sexualité en 2013 ? Vous pensez que vous pouvez mieux vous assumer en ville qu’à la campagne ? Vous croyez en Dieu ? Avez-vous déjà subi de la discrimination/violence ? Vous avez peur de vous promener en rue main dans la main avec votre compagne/compagnon ?

 

En fonction des groupes et de leurs sensibilités, le thème de la famille revenait sur le tapis avec des questions souvent axées sur les enfants de parents homos : Vous voulez vous marier ? Et vous voulez des enfants ? Si oui, vous n’avez pas peur qu’ils leur manque un père/une mère ? Vous ne pensez pas qu’ils auront une enfance plus difficile que les autres avec toute cette discrimination ? Evidemment, ces questions autours de la famille ont également profité d’un effet d’actualité avec le débat français.

 

Après avoir fait le tour des questions sur la vie de tous les jours des gays, lesbiennes et bisexuel-le-s, les étudiants se sont parfois hasardés à évoquer la sexualité des LGBT… Quelques regards échangés et sourires crispés plus tard, deux intervenants-bénévoles brisent la glace en répondant de manière ouverte aux questions : vous avez déjà eu des rapports avec une personne de l’autre sexe ? Vous ne fantasmez pas sur une paire de seins (pour un gay)/une paire de fesses ?... Et la fameuse question du Qui fait l’homme, qui fait la femme ? Toutes ces questions sont autant de portes ouvertes pour les intervenants-bénévoles qui leur permettent de briser les stéréotypes.

 

D’ailleurs, en parlant des stéréotypes, les étudiants ont profité de l’occasion pour demander aux intervenants du GrIS Wallonie leur avis sur certaines idées reçues, véhiculées autour d’eux. Certaines de ces idées, approuvées ou non par ces jeunes, nous ont confirmé la nécessité d’un projet comme le GrIS Wallonie, tant les préjugés et stéréotypes ont encore la vie dure : l’homosexualité est un choix, la bisexualité une mode ; on ne peut pas vivre sereinement en tant qu’homosexuel ; les gays sont volages,… Ces préjugés, et d’autres parfois plus percutants, ont d’autant plus motivé les intervenants-bénévoles, qui ont su les déconstruire et ainsi « remettre l’église au milieu du village ». Mais à côté de ces quelques « remises au point », d’autres remarques nous ont fait prendre conscience que certains jeunes sont déjà bien sensibilisés et côtoient quotidiennement la diversité des orientations sexuelles (et la défendent).

 

Du côté des enseignants, retour positif également. Pour eux, il s’agit d’une activité qu’ils ne s’estiment pas toujours capables de faire. Ils se sentent en effet bien souvent démunis face à des scènes de violences homophobes dans les cours de récréation ou leurs classes. Pour cela, la plupart d’entre eux considèrent que des personnes extérieures à l’école, formées à aborder ces questions, sont plus à même de parler d’homo- et bisexualité avec leurs étudiants. Ils estiment d’ailleurs que notre méthode d’animation, basée sur le témoignage, est effectivement un bon moyen de répondre aux questions des jeunes de manière plus humaine.

 

En fin de compte, cette première semaine d’animation est une réussite pour le nouveau GrIS Wallonie. Merci encore au Centre d’Action Laïc de la Province de Liège de nous avoir invités. Maintenant, place aux interventions directement dans les classes et toujours de manière gratuite ! Directions et enseignant-e-s, n’hésitez pas à faire appel au GrIS Wallonie…

 

 

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