Un plan national pour lutter contre le VIH

October 1, 2012

On vous le disait en décembre dernier, en Belgique, les chiffres ne sont pas bons. Près de 1200 personnes ont découvert être infectées par le VIH en 2010. Soit près de 3 personnes par jour.

En janvier de cette année, c'est la cacophonie. Les professionnels du secteur dénoncent le manque de moyens et s'inquiètent pour la pérennité du dépistage anonyme et gratuit. L'INAMI tente de les rassurer. La Ministre de la Santé, Laurette Onkelinx, aussi. Les conventions qui permettent le remboursement des dépistages sont finalement reconduites.

 

A la même époque, c'est au niveau de la Fédération Wallonie-Bruxelles que ça coince. Un rapport commandité par Fadila Laanan épingle le dysfonctionnement des organismes du secteur de la prévention et recommande la création d'un OIP (Organisme d'Intérêt public) unique, provoquant la colère de la Plateforme Prévention Sida, Ex Aequo et de l'Observatoire du Sida et des Sexualités.

 

C'est dans ce contexte un peu compliqué qu'en mai dernier, Laurette Onkelinx a réuni des experts du secteur. Objectif : mettre en place une méthodologie pour concevoir un Plan national de Lutte contre le VIH. Tous les acteurs concernés (tant scientifiques, que médicaux et associatifs) vont se réunir pour revoir la stratégie globale de lutte contre l'épidémie. C'est ce que la Ministre a annoncé samedi dernier au colloque VIH/Sida organisé à Bruxelles.

 

Nous manquons cruellement en Belgique d'une stratégie globale, coordonnée entre les niveaux de pouvoir. Dans neuf mois de travail, le plan sera déposé. Une des priorités de ce plan ce sera le suivi, la prise en charge et la qualité de vie des patients. Le dépistage sera également au cœur du nouveau dispositif, avec des équipes mobiles pour pratiquer le dépistage rapide et délocalisé.

 

Des groupes de travail vont se réunir à partir du 10 octobre pour aborder successivement les problématiques du suivi et de la prise en charge des patients, du dépistage, de la prévention, du suivi sérologique, de la recherche médicale et du suivi épidémiologique.

 

La Belgique a pris un sérieux retard en matière de prévention et de dépistage du VIH. Même la surveillance épidémiologique n'est pas à la hauteur de ce qu'on peut rencontrer chez nos voisins. Les rapports de l'Institut scientifique de Santé publique sont plus maigres d'année en année et l'analyse des chiffres est à des années lumières des chiffres en cascade qu'on retrouve aux Etats-Unis par exemple (plus d'un quart des modes de transmission est inconnu, on ignore le nombre de personnes infectées,...).

 

On le voit, c'est tout le secteur qui a besoin d'être réformé. Il est grand temps de mettre sur pied une stratégie concertée qui intégrera le dépistage démédicalisé, les traitements pré et post exposition, la redéfinition des catégories de publics vulnérables, le traitement comme prévention, l'incontournable préservatif… et de combattre enfin efficacement cette épidémie.

 

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