L'homosexualité aurait au moins une part d'inné

Arc-en-Ciel Wallonie accueillait ce 5 octobre à la Maison Arc-en-Ciel de Liège le Professeur Jacques Balthazart, auteur de l'ouvrage Biologie de l’homosexualité. L'occasion pour un public nombreux d'échanger sur ce thème controversé de la part de l'inné dans l'homosexualité.

On nait homosexuel, on ne choisit pas de l’être. Telle est la thèse défendue par ce professeur en neuroendocrinologie du comportement, chercheur au prestigieux centre de recherche Giga de l'Université de Liège. Il n’en fallait pas plus pour intriguer et intéresser Arc-en-Ciel Wallonie qui lui a proposé de venir exposer ses travaux et en débattre avec le public.

Etudiants, sympathisants, curieux, … en tout c’est une soixantaine de personnes qui se sont pressées à la conférence de Jacques Balthazart ce mardi 5 octobre.

60 minutes d’un exposé, dense mais passionant, ont fait voyager les participants à travers un somme impressionnante d’études consacrées au système hormonal, immunologique, génétique, … pour finir par les conclusions personnelles de monsieur Balthazart sur le sujet.

Entre 20 et 30 années de recherche n'ont à ce jour pas encore fournit une explication définitive à la nature biologique de l'homosexualité. Toutefois, un faisceau d'éléments étudié chez divers animaux ou par l'observation de situations cliniques particulières chez l'homme, tendent à asseoir l'influence de phénomènes pré-nataux dans l'orientation et l'identité sexuelles. Par ailleurs, Jacques Balthazart faisait part de résultats tout à fait récents concernant la recherche d'une origine génétique. De ce point de vue, les études actuelles piétinent, ce qui fait dire au professeur Balthazart qu'une influence génétique sera très difficile à démontrer même si elle est probable, car elle impliquerait non pas un seul gène mais l'implication croisée de plusieurs d'entre eux. Combien ? 5 ou 10 ou 15 ? Nul ne le sait aujourd'hui.

Jacques Balthazart s'est par contre montré très sceptique concernant les explications psychologiques découlant principalement des travaux de Freud - le fameux oedipe non résolu. Trop d'éléments mettent en cause ce modèle, comme par exemple la multitude d'enfants élevés par des mères seules, sans que pour autant le nombre de gays ou de lesbiennes augmente. Il n'exclut cependant pas l'influence de facteurs environnementaux - l'éducation, la famille, la culture - mais ceux-ci restent aussi à identifier.

Les hypothèses biologiques sont peu connues chez nous car elles sont surtout étudiées dans les pays anglo-saxons. Ceci peut sûrement expliquer le grand intérêt montré par les participants à cette conférence qui ont posé de très nombreuses questions. L’ouvrage n’a pas été accueilli avec enthousiasme par tous et toutes. Certains sont restés tout à fait perplexes sur le bien-fondé de telles théories.

Pour vous faire votre propre opinion sur le sujet, le livre est disponible à la bibliothèque de la Maison Arc-en-Ciel de Liège, ouverte tous les lundis et mercredis de 13h à 17h ainsi que les 1ers et 3e vendredis de chaque mois de 19h à 21h. Plus d’infos : 04 223 65 89.

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