Dépistage VIH : ça cafouille au Fédéral (mise à jour)

Le moins que l'on puisse dire, c'est que la communication passe mal entre l'INAMI, la Ministre de la Santé (Laurette Onkelinx) et les Centres de référence SIDA. Ce matin, lors d'une conférence organisée à l'hôpital Erasme de Bruxelles, l'annonce de la fermeture du Help Center de Anvers dans une semaine a fait l'effet d'une bombe.

Au coeur de la polémique, deux conventions signées entre l'INAMI et les Centres de référence SIDA.

La première concerne le financement du dépistage gratuit et anonyme (coût effectif, 60 à 70 euros). Il est certain que cette convention ne sera pas reconduite en 2012, nous confiait cet après-midi le Docteur Jean-Claude Legrand, du Centre référence SIDA de Charleroi. Déjà en 2011, la convention avait fait l'objet d'une prolongation qui n'est pas encore officialisée à l'heure actuelle. Conséquence directe de la non reconduction de la convention, la fermeture d'ici fin janvier du Help Center d'Anvers, en charge du dépistage. Joëlle Defourny, responsable des Centres wallons pour le dépistage estime que le dépistage anonyme et gratuit ne pourra plus être assuré que jusqu'en mai. Après, nous ne pourrons plus assumer les frais de personnel, explique-t-elle.

Mais ce n'est pas tout. Une seconde convention qui lie l'INAMI et les Centres de référence SIDA pose problème. Depuis le 1er janvier 2012, le remboursement du traitement post exposition (qui permet de réduire le taux de contamination de 80% en cas de prise de risque) n'est plus couvert par une convention. Pourtant, certains Centres de référence n'étaient absolument pas au courant. Ce qui veut dire que ces traitements, qui coûtent 880 euros, seraient à nouveau à charge du patient. On ne va pas ne pas donner les traitements aux patients, ça n'a pas de sens, s'insurge Joëlle Defourny.

Du côté de l'INAMI, on tempère. Un processus de réflexion est en cours qui concernent les conventions entre l'INAMI et les Centres de référence, mais il n'y a pas matière à s'inquiéter, nous assure-t-on. Ce n'est probablement pas l'avis des six travailleurs du Help Center d'Anvers. Mais ça, l'INAMI n'était pas au courant. Du moins jusqu'à notre coup de fil.

Du côté du cabinet de la Ministre, nous n'avons pas encore pu entrer en contact avec la personne en charge de ces matières. L'attachée de presse quant à elle ne semblait pas au courant non plus.

Simple cafouillage ? Transition anarchique ? On continue de s'informer et on vous tient au courant.

 

Mise à jour 27/01/2012 :

On vous tient au courant donc.

Hier soir, le cabinet de Laurette Onkelinx nous a contacté. La Ministre de la Santé et des Affaires sociales se veut rassurante. Un avenant va être établi qui prolongera l'effet des deux conventions non récurrentes liant l'INAMI et les Centres de références. La transition serait donc assurée. Interrogée sur l'avenir du Help Center d'Anvers, la représentante du cabinet renvoie la balle à l'INAMI. Plus tard dans la soirée, un information supplémentaire nous parvenait : les conventions non récurrentes dont nous parlions précédemment feraient partie des matières qui seraient régionalisées dans deux ans. L'idée de la ministre serait de rassembler les trois conventions en une seule (celle concernant le dépistage, celle concernant le traitement post exposition et celle, que nous n'avions pas encore mentionnée, concernant le fonctionnement des Centres de référence et l'accompagnement des personnes infectées au VIH).

Deux inquiétudes donc : la première réside dans le fait que deux des trois conventions prévoient des moyens financiers proportionnels au nombre de patients traités... qu'en sera-t-il de la future convention unique ? La seconde inquiétude apparaîtra lorsque les matières seront régionalisées : est-ce que les enveloppes suivront ?

Ces deux questions restent aujourd'hui sans réponse.

Vincent Bonhomme

 

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