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COLLEGE SAINT-LOUIS LIEGE : La présence de couples homo menacerait le bal des rhétos Si ça ne tenait qu’à lui, le Directeur n’autoriserait que la présence des élèves au bal des rhétos le 24 juin prochain. Pas celle des petits copains et des petites copines. Contacté par nos soins, le directeur du Collège Saint-Louis s'exprime : « Le bal est l’occasion d’une rencontre entre les élèves et le corps enseignant. Avant, seuls les rhétoriciens venaient ». Mais voilà, depuis quelques années, certains élèves ont fait la demande de pouvoir venir accompagnés. Et l’autorisation leur a été accordée moyennant quelques obligations : « l’accompagnant doit produire une copie de sa carte d’identité et l’événement reste un rendez-vous assez chic », poursuit le directeur du Collège Saint-Louis. La tenue de soirée est donc exigée. Et c’est là que certains soucis commencent à se poser. En effet, le groupe de rhétoriciens qui organise le bal aurait reçu pour consigne de ne pas accepter l’inscription de couples homos. « Il n’y a eu aucune consigne dans ce sens là », dément la direction du Collège. « Mais la présence de couples d'homosexuels lors de cet événement pourrait compromettre son organisation à l’avenir. Certains professeurs verraient d’un très mauvais œil que des couples de garçons ou de filles ne soient présents ce soir-là et pourraient décider de ne plus venir au bal. Hors, le bal des rhétos se veut être un moment de convivialité entre les élèves bientôt sortis du Collège et les enseignants. Si certains professeurs ne venaient plus, ce n’est même plus la peine de l’organiser ». Pour ménager des collègues qu’il n’a par ailleurs même pas pris la peine de sonder, le directeur préfère donc maintenir une distinction entre couples homos et hétéros. « Le comportement provocant de deux homosexuels ou un beco entre un garçon et une fille, ce n’est tout de même pas la même chose ! » se défend Bernard Renson. Interrogé ensuite sur les difficultés et la solitude que peuvent ressentir les jeunes gays ou lesbiennes pendant leur adolescence, le directeur affermit sa position. « Nous avons tous des particularités et les élèves sont cruels entre eux, c’est comme ça. Mais si un jeune a des difficultés, par exemple si une jeune fille est battue, elle peut en parler au Centre PMS qui est un organisme indépendant au Collège. » Et le directeur de confirmer la politique du Collège Saint-Louis : « C’est vrai qu’il y a une injonction à ne pas s’écarter de la majorité, à ne pas étaler ses particularités qui font partie de la vie privée, mais il ne f aut pas oublier le rôle premier de l’enseignement qualifiant qui est de préparer les élèves à leur futur métier, chose que nous ne réussissons pas trop mal au Collège Saint-Louis ». Voici donc une école dans laquelle le matériel de la campagne du 17 mai finit systématiquement au fond d’une poubelle. Bernard Renson n’a par ailleurs même pas parcouru la brochure « Peur de quoi ? » d'Arc-en-Ciel Wallonie pourtant diffusée dans les 916 établissements secondaires de la Communauté française à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre l’homophobie et accompagnée du pin’s et d’une circulaire signée par les Ministres Simonet et Laanan. Il estime que « les campagnes qui ne sont pas globales ne méritent pas d’être relayées dans mon établissement, fussent-elles signée par la Ministre de tutelle. » Elle appréciera. Et nous aussi.
Mise à jour (16/06/2011) : Plus d'infos sur l'homophobie et nos écoles, cliquez ici.
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