Homophobie : réagissez !

post-it CECLRCe samedi 14 mai, lors de la 16e édition de la Belgian Pride, le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme défilera aux côtés des participants dans d'étranges costumes couverts de multiples couches de… post-it.

Dans le cadre de son action de lutte contre l'homophobie (pour rappel, la Journée internationale de lutte contre l’homophobie est fixée au 17 mai), le Centre profitera de la Pride pour lancer une campagne de sensibilisation visant à encourager les personnes lesbigayes à signaler les faits de discrimination, de harcèlement et d'agressions à caractère homophobe dont elles sont victimes. Le Centre constate en effet que beaucoup de lesbigays ne parlent à personne de ce qui leur est arrivé et ne contactent ni le Centre, ni la police.

Le Centre rappelle pourtant qu'en Belgique, il existe une législation qui offre une protection contre les discriminations basées sur l’orientation sexuelle, et ce dans la plupart des secteurs de la vie en société (emploi, logement, enseignement, biens et services, protection sociale,…).

C'est donc symboliquement couvert de messages discriminants - représentés par des post-it -  que le Centre défilera lors de la Pride pour inviter à réagir et à ne pas banaliser les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle ou les violences homophobes.


Les femmes sous-représentées dans les chiffres

En 2010, 4 dossiers d'agression homophobe seulement ont été déposés auprès des parquets belges. En 2008, la police a enregistré 34 cas d'agression homophobe, en 2009 56 et, au cours du premier semestre de 2010, la police en avait enregistré 30 cas.

En matière de discrimination fondée sur l’orientation sexuelle, le Centre a ouvert 85 dossiers en 2010.

Comme ces chiffres l’indiquent, les lesbigays restent peu nombreux à introduire une plainte à la police ou un signalement au Centre. Il semble que, outre les freins connus au dépôt de plainte (manque de soutien, effort psychologique à déployer, peur de ne pas être bien accueilli, …), d'autres facteurs interviennent, comme la peur de la victimisation, la honte, la volonté "d'être au-dessus de ça" ou un certain scepticisme quant aux résultats d'une action.  

Autre problème à mettre en avant: le fait que les signalements aboutissent en divers endroits (police, associations, …) sans qu’ils n’y soient reconnus et consignés comme signalements d'une discrimination ou d'une agression homophobe.

Seulement 8% des dossiers "orientation sexuelle" ouverts par le Centre en 2010 concernent des lesbiennes. Si l'on doit parler de sous-rapportage, c'est bien dans le cadre des discriminations dont sont victimes les lesbiennes qu'il s'illustre le mieux.

Il est difficile de déterminer les raisons de cette sous-représentation des faits lesbophobes dans les statistiques. Notons cependant que, outre la difficulté pour beaucoup à se définir comme victime de discrimination et à tirer la sonnette d'alarme, il s'agit encore de repérer le motif lesbophobe derrière ce qui semble être parfois un sexisme banalisé.

Les lesbiennes se heurtent aux mêmes difficultés que les gays lorsqu'elles veulent signaler des faits de discrimination, harcèlement ou des agressions : difficulté à parler de son orientation sexuelle dans le local d'accueil du commissariat de police, tentatives de culpabilisation par l'employeur, minimisation par l'agent de quartier, etc.

Par sa campagne, le Centre souhaite s'attaquer à ce problème de sous-rapportage et rappeler aux lesbigays qu’il n’y a aucune raison de laisser passer ces faits et que les signaler, c’est déjà agir ! Pour soi et pour les autres…


Plus d'infos :

  • Site de la campagne : www.signale-le.be
  • Brochure "Discrimination des lesbigays. De quoi s'agit-il et comment y réagir. Informations et conseils pratiques", éditée par le Centre. A télécharger sur www.diversite.be, rubrique Publications (2009)
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